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    Qu’est ce que la culture du viol et le slut shaming ? 

     

     Vidéos conseillées:  “la culture du viol” de Et tout le monde s’en fout, “Slutshaming”  de Parlons peu, mais parlons !

     

     La culture du viol et le slut-shaming sont des concepts sociologiques, tous deux utilisés pour définir des comportements ou des idéologies. Le slut-shaming est créé par des féministes canadiennes et américaines, il peut se traduire par “humiliation des salopes” ou encore “intimidation des salopes”. Il définit tous les comportements et propos familiers ayant pour but de rabaisser, dénigrer, stigmatiser ou culpabiliser des femmes dont l’attitude ou le style vestimentaire pourrait être qualifié de “trop vulgaire” ou d’être “trop ouvertement sexuel”. La culture du viol prend place aux Etat-unis, elle est caractérisée par tous les comportements au sein d’une société visant à minimiser, limite, encourager le viol, de ce fait cela rend le viol ou l’agression sexuelle “moins grave” ce qui permet de réduire les sanctions et peines infligées aux auteurs de ces crimes.En France en 2017, on estime le nombre de victime de viol ou\et d’agressions sexuelles à 250 000 dont 93 000 femmes (sans compter les mineures).

                                                     Quand les réseaux sociaux prennent part au débat..

     

     Création des hashtags #balancetonporc et #metoo

     

     

    Le hashtag #balancetonporc a été créé en Octobre 2017 en France pour lutter contre l’agression sexuelle et le harcèlement que subissent les femmes plus particulièrement dans leur milieu professionnel. Le #balancetonporc est en fait inspiré du #metoo créé en 2007 aux Etats-Unis par la militante/enseignante Tarana Burke. Il prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux suite aux accusations de harcèlement sexuel et de viol envers le producteur de cinéma américain, Harvey Weinstein. En effet, une douzaine de femmes portent plainte contre lui pour agressions sexuelles, harcèlement sexuel et viols. On peut aussi mentionner le scandale de début février 2019 concernant la “ligue du LOL”qui était, à la base, un groupe facebook privé composé de plusieurs journalistes, créé en 2009 par le journaliste français Vincent Glad. Ce groupe a été accusé de proliférer des propos racistes, sexistes et de harceler plusieurs de leurs collègues principalement des femmes. Ces événements survenus principalement sur les réseaux sociaux ont encouragé des milliers de femmes à travers le monde à enfin raconter leurs histoires et à porter plainte.

     

    Nous pouvons malheureusement affirmer que trop peu de femmes victimes d’agressions sexuelles, de viols ect … portent plainte aujourd’hui, néanmoins, grâce aux évènements (scandales, mouvements) qui ont lieu sur les réseaux sociaux, elles osent, de plus en plus, sortir du silence.

     

     

                                                                                                                                                                                                                         Carrasco Eva, Cardoso Emilie, Goullon Elsa

     

     


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    Au cours de l'année 2019 devrait se mettre en place une nouvelle réforme épineuse du système de retraites. Cette réforme risque de cristalliser les oppositions, tant la question des retraites a suscité de mouvements de contestations ces dernières années (le dernier en date étant celui de 2010 lorsque l'âge de départ légal est passé de 60 à 62 ans).

    Quelles sont les caractéristiques du régime actuel ?

    Le régime de retraite français est un régime dit par répartition. On le distingue du régime de retraite par capitalisation, utilisé par exemple aux Etats-Unis. Les deux régimes de retraite se différencient par leur mode de financement. Dans le régime de retraite par répartition, les actifs cotisent pour financer les retraites des retraités actuels. C'est un système qui repose sur la solidarité inter-générationnelle (entre générations). Il a été instauré en France en 1945 par l'ordonnance créant la sécurité sociale. Au contraire, le régime de retraite par capitalisation prévoit que les actifs constituent une épargne dans le but de financer leur propre retraite. 

    Le système français est-il en péril ?

    Pourquoi les réformes de notre système de retraite sont régulièrement débattues ? La réponse réside dans les difficultés pour financer ce système. En effet le régime général, à l'équilibre en 2018, risque d'être en déficit dès 2019. L'ensemble des régimes pourrait atteindre un déficit de 8 milliards en 2021. Le conseil d'orientation des retraites a établi des projections selon lesquelles le retour à l'équilibre ne serait pas atteint avant 2035-2040.

    Quelles sont les raisons de ces difficultés de financement ? La principale explication est à trouver dans l'évolution du ratio cotisants / retraités, c'est à dire le nombre de cotisants nécessaires pour financer une retraite. Dans les années 60, on comptait 4 cotisants pour 1 retraité. En 2017, ce ratio s'élève à 1.7... Cela s'explique notamment par le vieillissement de la population. À titre d'illustration, les individus âgés de plus de 65 ans représentaient en France 19.8% de la population en 2018, tandis qu'en 1960, les individus de 60 ans et plus ne représentaient que 6.6% de la population totale. 

    Ce que prévoit la nouvelle réforme

    Pour l'instant, le contenu précis de la réforme n'a pas été dévoilé. Toutefois Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a laissé entendre que l'âge légal de départ à la retraite pourrait être repoussé, avant de se raviser. Quelles sont les grandes lignes de la réforme ?

    -Celle-ci prévoit un régime universel qui se substituerait aux 42 régimes existant actuellement, qui diffèrent selon le secteur d'activité, le statut la pénibilité du travail... Certains régimes spéciaux verraient donc leurs avantages mis en péril.

    -En outre, le nouveau régime comptabilisera l'ensemble de la carrière (et non plus les 25 meilleures années dans le privé, et les six derniers mois dans le public) dans le calcul de la retraite. Cela signifie concrètement que pour de nombreux salariés, le salaire retenu pour calculer le montant de la retraite sera plus faible qu'auparavant.

    - Est également prévue l'instauration d'un niveau minimum de retraite, dont le montant sera négocié par les partenaires sociaux.

    Je rédigerai un nouvel article lorsque le contenu précis de la loi sera connu afin de rentrer davantage dans les détails !

     

     *Lexique

    actifs : personnes qui ont un emploi ou qui en cherchent un. On les distingue des inactifs qui n'ont pas d'emploi et qui n'en recherchent pas.

    partenaires sociaux : représentants des principaux représentants des syndicats de salariés, et des organisations patronales.


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  • La cessation d’ADP (Aéroports De Paris) est prévue dans la loi PACTE (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui comporte de nombreuses mesures qui visent à simplifier les procédures de création des entreprises, de liquidation judiciaire, à réduire certaines charges pesant sur les PME dans le but de stimuler l’activité économique et l’emploi. Le groupe ADP gère notamment les aéroports de Paris-Charles-De-Gaulle, d’Orly et du Bourget. L’État détient actuellement 50.6% des parts de l’entreprise qui demeure une des principales entreprises publiques françaises. 

     Pourquoi privatiser le groupe ADP ? 

    La décision de privatiser le groupe ADP (on parle d’ailleurs plutôt d’une concession sur une durée de 70 ans) peut paraître étrange : le chiffre d’affaire du groupe s’élevait à 4,47 milliards d’euros en 2018. Les profits réalisés par une entreprise publique alimentent les recettes de l’État. Toutefois, le ministre de l’économie Bruno Le Maire, à l’origine du projet de loi PACTE, avance des arguments stratégiques. La vente des parts d’ADP permettrait à l’État d’alléger la dette publique de 0.5 points et d’alimenter un fond qui favoriserait l’innovation des entreprises. 

    Quels sont les risques de cette privatisation ? 

    La privatisation d’ADP présenterait des risques. En réalité, tout dépend si l’on considère que le groupe ADP constitue un monopole naturel. Un monopole est une situation de marché qui présente un seul vendeur pour une multitude d’acheteurs. Le monopole est dit naturel lorsqu’il est préférable que l’activité soit prise en charge par un seul acteur, en raison notamment des coûts fixes importants. Le monopole naturel concerne principalement les activités de réseaux (aéroportuaires, de transport ferroviaire, d’énergie…). Dans la théorie économique, il est plus efficace qu’un monopole naturel soit confié à l’État. Un acteur privé serait en effet tenté d’augmenter exagérément les prix au détriment du consommateur, puisqu’il est libre de les fixer, n’ayant pas à subir la concurrence. 

    Il y a débat sur cette question. Pour les défenseurs de la privatisation, le groupe ADP ne constitue pas un monopole naturel, puisque les aéroports parisiens seraient en concurrence avec les principaux aéroports européens. Pour les opposants à la privatisation au contraire, ADP est bien un monopole, comme en témoigne le fait que 80% des voyageurs étrangers en France transitent par les aéroports du groupe… 

     Vers un "État stratège" ? 

    Si le débat économique existe, la privatisation d’ADP symbolise le retrait de plus en plus affirmé de l’État des activités économiques. Elle s’inscrit à la suite de nombreuses privatisations depuis les années 1980, dont la dernière en date est la Française Des Jeux. On parle aujourd’hui d’ « État stratège », ou d’ « État régulateur » pour désigner un État qui se désengage de la sphère économique pour se recentrer sur ses activités « essentielles » que sont les services publics, les activités régaliennes… 

     

    *Lexique : 

     PME = Petites et moyennes entreprises. Ce sont les entreprises qui comptabilisent entre 10 et 250 salariés. 

     entreprise publique = entreprise qui est détenue à plus de 50% par l’État. 

     dette publique = somme des déficits accumulés par les administrations publiques (APU). Rappel : le déficit est la situation dans laquelle les dépenses d’une administration sont supérieures à ses recettes au terme d'une année. 


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  • Un mois avant le 29 mars, date à laquelle est prévue le Brexit, aucun accord n'a été trouvé au sein du parlement britannique. Retour sur un moment politique clef à l'échelle européenne.

     

    Le Brexit : qu'est-ce que c'est ?

    L'expression "Brexit" désigne la sortie du Royaume-Uni (composé de la Grande Bretagne et de l'Irlande du nord) de l'Union Européenne. Il a été adopté par référendum le 23 juin 2016 à 51.9% des voix exprimées. Le référendum a été souhaité par le parti conservateur (situé à droite de l'échiquier politique) qui aspirait à retrouver une certaine souveraineté et une indépendance économique vis à vis de l'Union Européenne. David Cameron, premier ministre de 2010 à 2016,  a mené la campagne du Brexit tandis que l'actuelle dirigeante du parti, Theresa May, dirige les négociations avec l'Union Européenne et au sein du Royaume-Uni depuis le 13 juillet 2016.

    La définition même du terme Brexit est floue car ce processus n'est pas arrivé à son terme, elle dépendra de l'accord qui sera trouvé entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni. On peut assister à un Brexit "dur", si l'on rétablit les barrières douanières, comme à un Brexit "mou" si le Royaume-Uni maintient un partenariat avancé avec l'Union Européenne.

     

    Les étapes d'une négociation délicate

    Pourquoi est-ce si compliqué d'arriver à un accord sur le Brexit alors que le référendum s'est tenu il y a bientôt trois ans ? La réponse à cette question est à trouver dans le processus complexe d'adoption des accords internationaux.

    L'adoption du Brexit par référendum ne suffit pas à sa mise en place. Il a fallu que le Royaume-uni trouve un accord avec l'Union Européenne sur la nature de leur relation économique après le Brexit. Cet accord a vu le jour très récemment, le 25 novembre 2018, au terme de longues négociations, et prévoyait que le Royaume-Uni reste membre de l'union douanière et du marché unique.

    Mais cet accord doit ensuite être adopté au parlement britannique. Et c'est à ce moment que Theresa May a rencontré le de sérieuses difficultés : les députés n'ont pas voté en faveur de l'accord obtenu avec l'Union Européenne, et se trouvent dans l'incapacité de proposer une solution commune tant les opinions sont opposées entre et au sein des partis politiques.

     

    Quels scénarii possibles aujourd'hui ?

    D'ici le 29 mars, date à laquelle a été initialement prévu le Brexit, plusieurs scénarii sont possibles :

    - Un nouvel accord entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pourrait être trouvé in extremis lors du sommet européen des 21 et 22 mars prochain. Encore faudrait-il que le parlement britannique le valide avant la date butoir du 29 mars. Cette solution n'est pas envisageable mais elle apparaît peu probable.

    - Si les désaccords persistent voire s'amplifient,  le cas du "no deal" (aucun accord) se concrétiserait. Dans ce cas de figure, la sortie du Brexit se réaliserait sans partenariat économique particulier avec l'Union Européenne. Les barrières douanières seront rétablies, Le Royaume-Uni quittera le marché unique et l'union douanière.

    - Enfin la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne pourrait être repoussée (bien au-delà du 29 mars, donc) afin de permettre au Royaume-Uni et à l'Union Européenne de trouver un nouvel accord.

     

    Lexique :

    union douanière : l'union douanière est un accord économique entre plusieurs Etats qui décident de supprimer les droits de douane entre eux et d'adopter des droits de douanes communs envers les autres Etats.

    marché unique : le marché unique est un espace qui permet en son sein la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.

     


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  • Cette semaine, les médias ont relayé l'affaire de la "ligue du LOL", un groupe sur les réseaux sociaux, composé de journalistes, accusés de harcèlement et de sexisme par de jeunes collègues. 

    Le contexte : un an après l'affaire Weinstein et #MeToo 

    Ce qui est en train de devenir l'affaire de la "ligue du LOL" éclate un peu plus d'un an après une vague de scandales mettant au jour des faits de harcèlement de nature sexiste dans le domaine du cinéma notamment.

    En effet en octobre 2017 de nombreuses femmes ont porté plainte contre le producteur américain Harvey Weinstein. Plusieurs cas de harcèlement ont fait alors l'objet de dénonciation par les victimes, impliquant des noms connus comme Kevin Spacey, acteur principal jusqu'alors de la série House of Cards. 

    Ces dénonciations ont dépassé le cadre du cinéma lorsqu'Alyssa Milano, une actrice américaine (ex série Charmed) lance le hashtag Metoo sur Twitter, invitant les femmes à dénoncer les actes de harcèlement subis.  En France, le hashtag Balancetonporc partage un but similaire. En quelques heures plusieurs dizaines de milliers d'internautes osent alors partager leur expérience et sortent du silence. 

    Qu'est-ce que la "ligue du LOL" ? 

    C'est ainsi qu'est découverte la "ligue du LOL", un an et demi après l'affaire Weinstein. Il s'agit d'un groupe Facebook privé, créé en 2009 par un journaliste français, Vincent Glad. Ce groupe recense une trentaine de journalistes accusés de harcèlement à l'encontre de jeunes collègues qu'ils fréquentaient alors à l'école, principalement des femmes à nouveau. Ces journalistes agissaient surtout sur Twitter où ils proliféraient des blagues racistes, humiliantes, machistes... qui ont grandement affecté leurs victimes. 

    Deux enseignements sociologiques 

    La "ligue du LOL" s'inscrit donc dans la lignée de l'affaire Weinstein et des hashtags Metoo et Balancetonporc. Ces affaires montrent  que la plupart des faits de harcèlement ne sont pas déclarés par les victimes. Les sociologues effectuent dans leurs travaux des enquêtes de victimation, réalisées anonymement auprès des victimes afin d'obtenir une estimation plus précise que les chiffres émanant des autorités policières et judiciaires.

    On remarque également que les femmes sont sur-représentées parmi les victimes de harcèlement. Et ce constat est d'autant plus valable sur les réseaux sociaux numériques : les filles sont trois fois plus touchées que les garçons par les actes de sexisme sur internet (que l'on nomme alors cybersexisme).  Et ces données relatives au harcèlement ne sont que le reflet des discriminations que subissent les femmes dans toutes les sphères de la société. Le sociologue P.Bourdieu utilise la notion de "domination masculine" pour décrire cette relation de domination genrée qui s'est instaurée au détriment des femmes dans notre société, et que l'on retrouve au sein de la famille, du travail, du monde politique ...

     


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